Presse et commentaires (2)





Diane Watteau

« Entre-temps, l'autofiction dans l'art contemporain se meurt »

Colloque Serge Doubrovsky : Life, Writing, Legacy, Université of Leicester, Royaume uni avec S. Doubrovsky, K. Reader,..., le 28 février 2007

Le paradigme autofictionnel posé par Serge Doubrovsky hante les arts plastiques contemporains. L'intime se camoufle derrière la porte (pour reprendre le titre de la belle exposition organisée à la Maison Rouge en 2005 à Paris). Rendre public le bien le plus privé, le plus intransmissible devient une affaire commune dans l'art contemporain alors que Narcisse, le mythe fondateur et le plus beau malentendu qui ouvre à l'autre, s'emmêle avec des séries d'effractions. Abuser de l'intime, c'est le mettre en danger pour le dissoudre dans un commun qui le rend complice de la culture de l'enternainment. Surveiller l'intime et le traquer devient une économie rentable dans l'art contemporain. Les doubles et les détectives proposent une nouvelle typologie à l'autofiction comme collusion de confessions extorquées quand on n'assiste pas au retour du conte. (avec M. Duchamp, C. Cahun, S. Blocher, G. Wearing, V. Aubouy, G. Barbier, A. Anderson, L. Bowery)

« Mise en crise d'elle-même par elle-même... ou presque »

In Cycle Art contemporain et « identités », New York University en France, Paris, le 10 février 2007

Mettre en crise l'identité dans l'art contemporain. Mettre en crise l'identité féminine, l'identité, la différence sexuelle. Les femmes s'y attèlent de façon différente : en créant des programmes à vie, en se mélangeant les pinceaux, en s'affirmant comme Artaud le pressentait si bien, « Moi, Antonin Artaud, je suis mon fils, mon père, ma mère et moi ». Devenir son père, sa mère, son fils. Désorganiser les codes comme pour tout personnage schizo. Jouer tous les rôles. Et puis les hommes ont fini aussi par s'en mêler. Autrement, sur la question du genre, ils hystérisent la question, la rendent sensible sur le fil du rasoir, nous éclaboussent dans une sorte d'identité « voyou », comme un rapt, ou encore dans une Déconstruction comme acte d'amour.

Tous ces artistes n'ont cela qu'en tête : nous dire à travers leurs ½uvres que l'Identité est voyageuse... Identité voyageuse soit mais, ne l'oublions pas, toujours au service d'un maître. D'un Autre, auquel l'artiste demande : qui suis-je ?

Les maîtres font partie de la scène : Proust pour Aubouy, Watteau pour moi, ¼dipe dans des confusions d'identification à l'autre (Buffard, Anderson, Scherman), Surmoi dans l'incarnation du maître (Sher), et l'Idiot pour Bowery.

« Rebecca, ôte ta robe, tu n'es plus fiancée »

In Ce qui force à penser, séminaires 2006 cycle psychanalyse, Maison populaire, 9 bis rue Dombasle - 93100 Montreuil , le 16 mai 2006.

Elisabeth, un beau cas féminin de Freud, souffre du haut de la cuisse. La zone hystérogène est la conversion de la jambe enflée du père qu'il posait sur la cuisse d'Elisabeth. Le corps joue une scène pour Freud. Dans l'art contemporain, les femmes qui s'adonnent à la fiction empruntent aux personnages de la littérature ou d'autres champs une autre identité qui redouble cette énigme féminine qui hérissait Freud. La femme s'embrouille dans des Je pluriels et des fictions plus ou moins spectaculaires (Hanne Darboven, Véronique Aubouy, Alice Anderson). Tandis que d'autres s'acharnent à recevoir un secret de volontaires ou « créent » des rencontres (Agnès Varda, Sylvie Blocher, Marylène Negro, Valérie Mrejen, Elodie Pong). « Que veut une femme ? » Entre fantasme et vérité, témoignages et jeux, déplacer le désir en l'organisant en fantasme illustre parfaitement la logique de Lacan du « vol de jouissance » : la jouissance est toujours la jouissance de l'Autre, imputée à l'Autre. Une forme de jouissance d'espoir de jouissance entrerait en jeu dans l'art contemporain féminin ?



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