Le casting du film « Inconsolable » a commencé avec une performance sur scène au Centre Culturel Suisse à Paris le Mercredi 24 septembre 2008 :
« Casting public du film Inconsolable » de Véronique Aubouy.
Cette performance a eu lieu dans le cadre d'une semaine sur Annemarie Schwarzenbach : Du mercredi 24 septembre au dimanche 27 septembre 2008, série d'événements autour d'Annemarie Schwarzenbach au Centre Culturel Suisse à Paris.
Les acteurs ayant participé :
Fanny Müller Tornberg, Camille Roux, Julia Perazzini, Aline Papin, Philippe Panizzon
Camille Mermet, Marianne Fabbro, Sofia Maria Efraimsson
Olivia Csiky Trnka, Anne-Leonie Auer, Sarah Al Atassi


Annemarie Schwarzenbach n'aura vécu que 34 ans avant qu'un accident de bicyclette ne mette fin à une vie mouvementée et mêlée aux troubles de l'histoire. Une vie qui témoigne d'une génération qui habitait mal la terre. Une vie écartelée entre la question de se connaître soi-même et de s'engager aux côtés des autres. Une vie, enfin, qui est inconsolable d'une nostalgie d'absolu.
Elle disait qu'elle ne vivait que lorsqu'elle écrivait. Son geste d'écriture - toujours le même - est précis et fulgurant, sous l'impulsion directe des événements les plus récents. Elle écrit ce qu'elle vit, mais elle vit aussi ce qu'elle écrit. Quelque chose se précipite entre la vie et la fiction, elles sont entremêlées. Parfois même l'autobiographie s'inverse, ce n'est pas la vie qui est racontée dans les livres mais les livres qui se vivent.
Thomas Mann l'appelait l'ange dévasté. La trajectoire d'Annemarie Schwarzenbach fut dense et contradictoire. Ecrivain et journaliste, militante antifasciste et grande bourgeoise, femme homosexuelle, elle a été témoin des grands bouleversements du monde de sa moitié de siècle. Issue d'une famille de riches industriels suisses très conservatrice, alors qu'elle était très attachée au monde libéral des avant-gardes, les contradictions de son temps ont pénétré intimement son destin. Les contours indécis de son portrait oscillent entre la fièvre d'écrire, la quête d'absolu, la recherche éperdue d'amour et autant d'errances, de fuites, de conflits intérieurs.
Dans Lucette, il y a deux femmes, séparées par trois générations : Lucette, 87 ans, et Chloé, son arrière petite fille, 8 ans. Deux femmes qui se ressemblent au point d'être les mêmes, comme décalquées l'une sur l'autre. C'est le fil qui sous-tend l'histoire de ce film.
En quoi consiste cette mystérieuse ressemblance qui fascine tant entre deux êtres ? Elle apparaît brusquement, au détour d'un geste, d'une expression du visage, d'une manière de hausser l'épaule ou de baisser la tête. Elle est comme une intruse, comme si un autre venait soudain se manifester et dire : je suis là, moi aussi, n'oublie pas...
Ce que je souhaite montrer, c'est l'irruption soudaine de l'une dans l'autre, comme si elles se transportaient magiquement d'un corps d'octogénaire dans un corps de fillette. Lucette et Chloé vont se défendre contre cette ressemblance qui les rebute au départ. Puis elles vont en jouir, jusqu'à se confondre.